The mood : St Petersburg in August, Russia

Going to St Petersburg was a bit of a fantasy. Not really something I thought I would do anytime soon. That was until the occasion rised, with our trip to Finland last summer.

I was incredibly curious of the country and of the city.  I had trouble reconciling its supposed romanticism with the harshness often associated to Russia. On the train that took us there from Helsinki we were really wondering how it would be. Will it be quaint and pretty? hostile? weird? We had no idea what to really expect. I had only a few images of it in my mind : colourful spires (if I’m honest the ones I was picturing were probably from Moscow) and concrete neighbourhoods of the outskirts that I had seen on The Calvert Journal.

We spent four days there, but I never felt a city escaping me like this one. A taxi driver told us at some point that in Russia “it often looks like nothing’s happening on the surface, even if things are shifting underneath”. That was maybe the biggest adjustment for us, we were expecting a country, and a city, of extremes. Instead there was this sort of unsettling status quo. On the faces of the passers-by, in the architecture that our guide called “laconic”, a word that in French we commonly use for persons and not things.  Surely the city didn’t feel romantic (Were those really the small bridges described by Dostoevsky?), with her large streets and innate sense of austerity. Prettiness, it seems, has to be handled with care here : decors are hidden away high on the buildings, pastels are made to look serious and opulence often walks hand in hand with protocol.

Where is the theatrical, messy and baroque Russia? Not at every corner that’s sure. You get glimpses of it sometimes, in a conversation, a hidden shop or a courtyard, and it stands out so strongly against the rest that you feel like struck by lightning. St Petersburg feels close to Europe, a part of it even, and yet it was like visiting a distant cousin whose past you can’t understand. A long time ago you were part of the same family and now you look at each other like strangers.

Things have gotten harder for the inhabitants these last months, and you can tell that times are tough. Shops are scarce, the offer in grocery stores definitely says “restrictions”, prices are climbing while the rouble is going down, tap water tastes like dust and the air is nothing like what you’re breathing in Helsinki. Yet with a freshly renovated historic center and fireworks on the river every night, the city is trying to keep up appearances and its reputation of being a tourist’s magnet.

In any other town I might have given up, but here, even after coming back, it feels like I’m still looking for it, trying to look past the deceiving apathy to see a city ready to rise…

Aller à St Pétersbourg appartenait plutôt au champ du fantasme, ça n’était pas vraiment quelque chose que je m’imaginais faire dans un futur proche. C’était avant que l’occasion ne se présente cet été, avec la possibilité de prendre le train depuis Helsinki.

Le pays et la ville m’intriguaient énormément. Je ne parvenais pas à réconcilier le romantisme qu’on lui prêtait avec le côté plus rude si souvent associé à la Russie. Je revois notre excitation dans le train qui nous faire traverser la frontière, on ne savait vraiment pas à quoi s’attendre. Est-ce que la ville serait en effet “jolie” et coquette ? Ou, au contraire, peu hospitalière? Ou peut-être juste étrange? Finalement, je n’en avais que quelques images en tête, celle des spires colorées d’une église orthodoxe (l’image que j’avais en tête venait d’ailleurs plus probablement de Moscou) et celle de grands ensembles pastel vus sur The Calvert Journal.

Nous y avons passé quatre jours, et pourtant rarement j’ai autant eu l’impression qu’une ville se dérobait à moi. Un chauffeur de taxi nous confia à un moment qu’en Russie “il semble souvent que l’eau dort, même si souvent il n’en n’est rien”. Finalement, c’était ça le plus déroutant, car on s’était préparé à un pays et une ville d’extrêmes. A la place c‘était un genre de statu quo troublant que l’on avait trouvé, sur les visages des passants, et dans cette architecture que notre guide d’un jour qualifiait de “laconique”. En tous les cas, la ville ne semblait pas avoir grand chose de romantique (était-ce vraiment les ponts décrits par Dostoïevski?), avec ces rues toujours plus larges et ce sens de l’austérité qui avait un goût de devoir national. Ce qui risquait d’être décoratif devait être manipulé avec prudence : les décors étaient cachés en haut des immeubles, les pastels devaient prendre une allure sérieuse et l’opulence tolérée seulement associée au protocole.

Où était donc la Russie théâtrale, désordonnée et baroque ? Pas à tous les coins de rue, c’est sûr. Pourtant, on pouvait en apercevoir des morceaux, parfois. Dans une conversation, une boutique égarée ou une cour isolée, et là, le contraste avec le reste était tel qu’on était comme frappé par la foudre. St Pétersbourg semble proche de l’Europe, elle semble même en faire partie d’une certaine façon, et pourtant, c’était comme rendre visite à un lointain cousin dont on ne parvient pas vraiment à comprendre le passé. Comme si, il y a longtemps, on avait fait partie de la même famille et que maintenant c‘est comme des étrangers qu’on se dévisageait.

Les choses sont devenues plus dures pour les habitants ces derniers mois, les temps sont durs et c’est bien tangible. Les commerces sont rares, l’offre dans les supermarchés trahit les restrictions, les prix s’envolent pendant que le rouble dégringole, l’eau a un goût de poussière et l’air est bien loin de celui qu’on respire à Helsinki. Pendant ce temps-là, avec son centre historique fraîchement repeint et ces feux d’artifice sur la rivière tous les soirs, la ville essaie de maintenir les apparences et sa réputation d’aimant à touristes.

Ailleurs qu’ici, j’aurais probablement jeté l’éponge, mais là, même après mon retour, j’ai l’impression de toujours chercher à mettre le doigt sur la ville, de vouloir voir au-delà de son apathie trompeuse les indices de sa renaissance.

2 Comments

  • Reply January 8, 2016

    Kate

    Bonjour Pauline!
    This is an amazing capture you made about St. Petersburg! I had been living there for many years before I moved to California. And the pictures, the mood are so true to life. I think you really got it.
    Good luck with your blog!

    Best,
    Kate

    • Reply January 8, 2016

      The Voyageur

      Hi Kate,
      Thank you! That means a lot 😀
      This must be quite a dramatic change going from St Petersburg to California…

      Best,

      Pauline

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