Paradise search : HOSHINOYA Taketomi Island, Japan

I distinctly remember the first time I read about HOSHINOYA Taketomi Island. The pictures obviously made a pretty compelling case, but it’s the backstory that stayed with me : it said that the inhabitants of this small, pristine island, only welcomed the building of the hotel when they learned it would have traditional curved coral walls. Why ? Because there, it is believed that evil spirits travel in straight lines. The unreal tone of the place was set, and to this day I’m still unsure that I haven’t dreamt the whole thing.
Je me rappelle précisément la première fois que j’ai lu un article sur HOSHINOYA Taketomi Island. Les photos étaient sans surprise plutôt engageantes, mais pourtant c’est l’histoire qui les accompagnait qui m’est restée. Elle racontait comment les habitants de cette minuscule île préservée avait fini par donner leur bénédiction pour la construction du seul hotel de l’île quand ils avaient appris que celui-ci aurait des allées en corail au tracé incurvé, dans le respect de la tradition locale. Incurvé, car par ici les esprit malfaisants ne voyagent qu’en ligne droite. Le ton irréel de l’endroit était donnée, et, à ce jour, je continue de me demander si je ne l’ai pas rêvé complètement. 
]Taketomi island is part of the Yaeyama island, one hour away from Naha (Okinawa’s main city) by plane, and ten minutes or so from the port of Ishigaki (barely enough in my opinion to nibble on an onigiri and a pair of funky peanut mochis). This may sounds complicated, but like every journey in Japan, it goes like a breeze and, before you know it, you’re in the car that will lead you to your own part of heaven.
L‘île de Taketomi fait partie de l’archipel des Yaeyama, à une heure d’avion de Naha (la ville principale d’Okinawa) et à quelque chose comme dix minutes de ferry du port d’Ishigaki (à peine assez pour grignoter un onigiri et une paire de curieux mochis à la cacahuète). Cela pourrait sembler fastidieux, mais comme tout déplacement au Japon, cela passe en réalité presque trop vite, et l’on se retrouve sans le réaliser dans la voiture qui va nous emmener dans le petit coin paradis qui nous a été réservé.

 

 

The hotel is a bit of a village in itself, and when a room here actually means a full house. There are enough of them to get yourself a little bit lost in the maze of coral walls, swearing you recognized that bougainvillea on the corner. Should you need to get yourself oriented, you can always climb up to the viewpoint and see the sea all around you, as well as Ishigaki and Iriomote island in the distance.
L’hôtel est un peu un village à lui seul, et ici quand on parle de chambre on parle plutôt en fait d’une maison. Elles sont suffisamment nombreuses pour qu’on s’égare facilement dans le labyrinthe de murs de corail, trompé par un bougainvilliers qui ressemblait un peu trop à son cousin quelques allées plus loin. Si on se sent un peu désorienté,  on peut cependant toujours grimper au point de vue, d’où on voit la mer de tous les côtés, et les îles voisines d’Iriomote et Ishigaki. 

 

Our house is simple, yet perfectly elegant and functional. The floor plan is a variation on the traditional Okinawan house with its sliding doors at the front which open completely. Every room is connected with one another or the exterior, creating a sense of fluidity which brings a great feeling of serenity.
Notre maison est d’une élégante simplicité et d’un fonctionnalisme tout japonais. Sa structure est une légère variation sur l’habitat traditionnel local, avec ses grandes baies vitrées à l’avant qui coulissent pour ouvrir complètement l’espace sur l’extérieur. Chaque pièce est connectée à l’autre et au dehors, créant un sentiment de fluidité qui va de pair avec une impression de sérénité.

 

In-house dining is surely a not-to-be-missed experience. When we called to order late in the afternoon, on the first day, we didn’t really gave it much thought. The magic started to happen later, when the light got pink and then navy blue, leaving room for a starlit sky and the unreal experience of sitting in our own Japanese living room, drunk on that warm tropical air. A golf cart arrived, someone rang the bell we didn’t know we had, and minutes later we were having a delicate dinner with nothing but darkness around us. We had a somehow elevated version of a shabu-shabu and chirashi, and it was really delicious.   
Choisir de manger à domicile prend ici tout son sens. On avait pourtant commandé sans trop y réfléchir, le premier jour, avant que la lumière ne tourne au rose, puis au bleu marine, que le ciel devienne plus étoilé que de raison et que l’on goûte à l’expérience surréelle d’être assis dans notre propre salon japonais, ivres de cet air du soir au goût déjà tropical. Dans le silence alentour, on entend la voiturette arriver, puis la sonnette qu’on ignorait avoir, et, quelques minutes plus tard, un dîner délicat est dressé devant nous. Autour, l’obscurité est devenue quasi totale. Sur nos plateaux, des versions sophsitiquées et locales des classiques shabu-shabu et chirashi. Quasi divin.

 

Exploring the island and the beaches on the bicycles provided by the hotel is a special treat. The island is so small that you get around very easily and quickly feel like you vaguely know your way around the place (at some point Japanese tourists were actually asking they way to ME, which is the ultimate proof of my street cred) . On day two, streets made of sand seem like the most natural thing and you start to forget how your life back home was.
Explorer le reste de l’île et ses plages grâce aux vélos fournis par l’hôtel fait vraiment partie de l’expérience. L’île est si petite qu’on s’y déplace facilement, et on a rapidement l’impression de s’y repérer (j’y ai même renseigné des touristes japonais, gloire ultime, je devais donc en effet avoir l’air assez assurée). Dès le deuxième jour il semble naturel que les rues soient faites de sable et on commence à se rappeler difficilement de sa “vie d’avant”. 

 

It’s hard not to see a connection between the food served and the nature around us. If you stop to look, there is so much grace in every rock, flower, algae and seashell. Japanese tourists here even spend hours looking for elusive star-shaped sand. Everything is so delicate and seems to sparkle in the bright April light.
Comment ne pas voir une connection entre le spectacle dans nos assiettes et le spectacle de la nature au dehors ? Ici, il suffit de s’arrêter un instant pour apercevoir la grâce de chaque rocher, fleur, algue ou coquillage. Les Japonais y passent même des heures à chercher des grains de sables en forme d”étoile. Dans la lumière scintillante d’April, tout semble d’une délicatesse infinie.

 

I’m not generally big on activities, but when I saw that the hotel offered the opportunity to spend some time with a local weaver and even learn the basics, I jumped on the occasion. What followed was a bit of a dream-come-true for me. I was taken to a workshop in the village where a master weaver showed me around the machines, process and supplies, explained about the local tradition and also taught me to weave a little. This was a world of plant dyes, seashell-rigged machines and handwoven belt disguised as love letters. At this point I was ready to forget about my french life and start over as a weaver apprentice in this paradise of a workshop on Taketomi island. I left with bittersweet feelings, a nice handwoven sample and the memory of that Okinawan grandmother I really wished I had (mine taught me to knit, which I’m sure would sound extremely exotic to an Okinawan young girl).
Je ne suis pas du genre à me précipiter sur les activités proposées mais quand j’ai vu que l’hôtel proposait de passer du temps avec des artisans locaux pour apprendre les rudiments du tissage, j’ai sauté sur l’occasion. Ce qui suivit fut particulièrement excitant pour moi (probablement pas pour tout le monde, on s’entend). Conduite dans un atelier de tissage au cœur du village, je fus présentée à la tisserande qui serait mon professeur et mon guide dans cet endroit où les teintures étaient toutes végétales, les coquillages servaient de contrepoids et les femmes tissaient des ceintures à leurs fiancés pour sceller leur union. Pas de doute, j’étais bien prête à oublier ma vie française et à recommencer comme apprentie dans cet atelier de paradis sur cet île minuscule. Je quittais l’endroit à regret, ma première réalisation en poche, très impressionnée par cette rencontre avec cette grand-mère d’Okinawa que je n’avais pas eu la chance d’avoir (la mienne m’avait appris à tricoter, ce qui, je suis sûre, sonnerait très exotique aux oreilles d’une jeune fille locale).

 

Our whole trip to Okinawa was really beyond our expectations, but when I think back about it, our time at HOSHINOYA Taketomi island is definitely the most unreal part. Maybe we were a little bit fooled by the absolute clemency of the April weather? I precisely remember sitting on that pristine beach, having left my bicycle and belongings unattended, like it’s done here, butterflies flying all around me and tiny hermit crabs at my feet, wondering if this wasn’t just too heavenly. Could my mind really handle and process such a place, or would it end up considering it a mere hallucination? So yes, come to HOSHINOYA Taketomi, but don’t make it just an annex to your mainland trip, come to Okinawa, come to the Yaeyama islands, allow yourself to stay for a while, like one allows oneself to dream a little. No one will believe your account and even you will start to doubt after a while. Maybe I should just go back to check if it’s still there, no?
Pour être honnête, notre voyage à Okinawa aura dépassé toutes nos attentes, malgré la grande anticipation qui entourait un voyage dont je rêvais depuis plusieurs années. Quand j’y repense, c’est vraiment cette partie à HOSHINOYA Taketomi qui me semble la plus irréelle. Peut-être c’est la clémence infinie de la météo d’avril qui nous a ensorcelés ? Je me souviens distinctement penser, assise sur cette plage vierge, ayant laissé mon vélo et mes affaires derrière moi, comme on apprend à le faire ici, entourée de papillons, de minuscules bernard-l’hermites à mes pieds, si tout cela n’était tout de même pas trop paradisiaque. Le contraste avec le monde réel était si fort, mon esprit pouvait-il vraiment concevoir l’existence d’un tel endroit, ou allais-je peu à peu le requalifier en hallucination à mesure que le souvenir s’éloignerait ? Donc, oui, il faut venir à HOSHINOYA Taketomi, mais n’en faites pas juste une annexe de votre voyage au Japon, venez vraiment Okinawa, venez dans les îles Yaemaya, autorisez vous à rester un peu, comme on s’autorise à rêver un instant. Bien sûr, en revenant, personne ne croira vraiment vos histoires, et vous aussi vous commencerez à douter après un temps. D’ailleurs je devrais peut-être déjà aller vérifier si l’île est toujours là…

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